08/01/2026

Les techniques de préparation mentale pour réguler le trac de l’artiste

Les artistes du spectacle vivant, qu’ils soient professionnels ou amateurs, partagent tous des expériences communes, quel que soit l’art qu’ils exercent et déploient pour notre plus grand plaisir.

L’artiste vit avec le trac et la recherche de dépassement de ses propres limites

LE TRAC

Qui n’a pas connu la scène n’a peut-être jamais ressenti le trac et son cortège de symptômes : tremblements, sensation de flottement ou de jambes en coton, bouche sèche, trous de mémoire, froid extrême, rétrécissement du champ visuel, déréalisation, perte de contact avec son environnement, incapacité à rester concentré, pensées parasites. La liste est à la fois longue et propre à chacun en termes d’intensité, de modalité et de temporalité de déclenchement.

Un point commun : il se déclenche au contact et sous le regard de l’Autre, l’Autre pouvant être le public, un professeur, un tiers dont le regard importe particulièrement.

L’autre ingrédient spécifique c’est l’effet « vivant » du spectacle, à savoir l’inéluctable temps qui passe et qu’on ne peut pas arrêter : the show must go on ! Rendez-vous au point d’orgue et vaille que vaille !

C’est précisément cette adrénaline de l’instant présent qui guide l’artiste. Il la recherche, dans des polarités paradoxales : recréer dans l’instant de ce qu’on a répété mille fois jusqu’à la maitrise parfaite du geste, jusqu’à la perfection, doser la densité et la fluidité, la prise de risque et la maîtrise, la solitude et la communion.  Cette sensation de « flow » est la boussole sensorielle qui lui indique s’il est « au bon endroit »

Les techniques d’optimisation du potentiel permettent à l’artiste d’accéder plus facilement à cette zone, à trouver son chemin d’accès plus directement, en s’appuyant résolument sur ses sensations, en développant à la fois ses capacités de conscience de soi et des autres, et de lâcher-prise. Le maitrise des techniques TOP décuplera par la suite ses capacités d’apprentissage et de maîtrise de son geste artistique.

Enseignement paradoxal des TOP : c’est dans un certain relâchement de la volonté pure qu’émerge la grâce et la puissance, quand le travail et l’effort prolongé des répétitions se révèle par son invisibilité et par l’extraordinaire légèreté et spontanéité du jeu.

Ici aussi, les TOP peuvent aider l’artiste à polir et ancrer la perfection de son geste artistique : avez-vous déjà observé des danseurs dérouler leur chorégraphie les yeux clos en esquissant gestes et pas du bout des doigts ? Ils sont en plein travail de répétition mentale.

FATIGUE et RECUPERATION

Les artistes du spectacle vivant partagent la même réalité de longues heures de répétition, d’horaires décalés et parfois de tournées nécessitant de longs déplacements. Leur outil de travail, leur corps, est mis à rude épreuve par ce rythme. Les blessures guettent avec le trop plein de fatigue et les temps de récupération ne font pas toujours partie du programme.

Les TOP permettent aux artistes d’acquérir des techniques spécifiques pour réguler leur niveau d’énergie pendant les longues heures de travail (répétition et spectacle). Elles leurs apprennent également à mieux gérer les phases de récupération (avant et après).

Les TOP permettent également aux collectifs du spectacle vivant (qu’ils soient artistiques, techniques ou administratifs) de développer une meilleure écoute et connaissance réciproque autour de ces thématiques de santé, risques psycho-sociaux et sécurité au travail. Les TOP leurs offrent porte d’entrée concrète pour les gérer, en parler, en prendre soin.

LA PETITE MORT ou comment gérer l’après spectacle

Une autre expérience propre à l’artiste c’est l’irrégularité des rythmes de travail. Il y a souvent de « l’après » à gérer : l’après répétition, l’après-représentation, l’après-production. Quand le rideau se referme, quand la magie du spectacle se dissipe, quand chacun retourne à son quotidien, comment redescendre en énergie ? Comment trouver le sommeil ? Et comment retrouver l’énergie pour l’après ? Pour le comédien, comment sortir de l’empreinte du personnage qu’on incarne sur scène ? Comment « dérouler » et retourner « à soi-même » ?

Ses montagnes russes d’intensité sont parfois difficiles à gérer physiquement, psychiquement, émotionnellement, pour l’artiste et pour son entourage.

Les TOP permettent, par des techniques basées sur la sensorialité de se remettre au contact avec soi-même, de réguler ses émotions.

Après l’après c’est l’avant

Gérer l’après, c’est se projeter dans de nouveaux projets. Dans ces métiers où l’on existe beaucoup dans le regard et le désir de l’autre (le programmateur, le metteur en scène, le cheff.e d’orchestre, les jurys…), les TOP permettent à l’artiste de développer ses capacités d’exploration de ses propres besoins et motivations profondes.

Les artistes que j’accompagne affectionnent particulièrement ces techniques pour préparer avec sérénité (et succès !) concours, auditions, récitals ou tout évènement à enjeu.

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